Un carton livré directement à domicile

Carton Air Napoléon

Livré avec retard, mais directement à domicile (Carton Air Napoléon)

Samedi matin à l’aéroport. Enregistrement en zone Bizbiz©-Maximum™ d’Air Napoléon. Parce qu’ils portent une fleur défraîchie à côté de l’hôtesse, ou éventuellement présentent un tapis rouge délavé, et parce qu’on y attend parfois un peu moins longtemps, les comptoirs y sont exclusivement réservés aux passagers de la classe Business ou bénéficiant du statut Maximum du programme Miles&Blues. C’est ce que me rappelle froidement l’agent qui surveille l’entrée du guide-file, vide, qui conduit aux comptoirs, sans aucune queue, derrière lesquels quatre hôtesses baillent ou se regardent les ongles. Je demande à l’agent pourquoi il s’acharne à me faire chercher mon portefeuille, perdu au fond de mon sac, et ma carte Miles&Blues, elle aussi bien planquée ce matin, pour en contrôler la couleur. Il évoque la procédure, qui prévoit une telle vérification, et les tricheurs, qui sinon pourraient bénéficier d’un avantage indu en venant s’enregistrer rapidement ici. Je pense surtout que la promesse d’enregistrer rapidement ne vaut rien ce matin puisque je perds mon temps, à quelques mètres de l’objectif, à chercher une carte, ce que je n’aurais pas dû faire en allant aux comptoirs Bétail©-Minimum™, également peu peuplés à cette heure. J’indique qu’il serait peut-être plus malin, quand il n’y a pas d’attente, de permettre aux passagers de passer directement, quitte à laisser quelques tricheurs tricher. Ca me semble une optimisation évidente pour le confort et la satisfaction de tous. Mais l’agent, l’esprit formaté par Air Napoléon, semble voir dans ce message la preuve que je n’ai pas droit à accéder aux comptoirs qu’il surveille. Je retrouve finalement ma carte, entre mon Aminimal Express et le coupon fidélité du resto japonais au bas de mon immeuble (il faudrait d’ailleurs que je le jette : la gérante me connaît, se souvient de ma préférence pour le negi miso ramen et m’offre des haricots salés et une réduction chaque fois que j’y mange, tout cela sans jamais contrôler le coupon ou toute autre carte).

Chez Air Napoléon, j’ai le statut Maximum : on ne m’offre pas des haricots pour autant mais l’agent me laisse finalement passer. Je peux enfin enregistrer mon bagage, auprès d’une hôtesse aussi défraîchie que la fleur qui flanche sur le bord du comptoir. J’ai ce matin un carton, fin et léger (4kg) mais hors gabarit, en largeur et longueur. Je pense néanmoins qu’il peut être facilement être stocké à l’avant de la cabine ou dans le vestiaire de l’avion. Bien sûr, cela n’est pas prévu par la procédure, aussi l’hôtesse ne donne aucune alternative à la soute. Je suis prêt à parier que le colis se perdra : rien n’y fait. Je colle sur le carton quelques étiquettes citant des extraits de ce blog, et en inscris l’adresse au feutre, en grand sur une face du carton : pas plus négociable. Je me résous donc à confier le carton à Air Napoléon.

A l’arrivée à Genève, le carton n’est pas là. Rien de particulier sur le vol, si ce n’est que l’Airbus promis est devenu un Embraer de la filiale Epinal by Air Napoleon, qu’il a fallu aller chercher (en cobus bondé) à l’autre bout de l’aéroport et qui offre encore moins de place pour les genoux. C’est vrai : le carton ne serait jamais rentré dans la cabine, bien trop exigüe pour un gabarit 1,5mx1m. Rien non plus sur le tapis de livraison des bagages, que je regarde tourner en grinçant depuis bientôt quinze minutes maintenant. Tandis que je me dirige vers le service des bagages perdus, je reçois un SMS signé Air Napoléon : il annonce que mon colis est « retardé ». Bien sûr, l’avertissement par SMS est un progrès. Il évite d’attendre bêtement à côté du tapis un bagage qui n’arrivera pas ; ou plutôt, d’attendre plus qu’un quart d’heure.

Le prestataire en charge des litiges bagages d’Air Napoléon à Genève a la bonne idée d’être Suisse, efficace et ponctuel. La carton, avec dedans un cadeau pour les amis que j’allais visiter, a été livré chez eux samedi soir à 20h30. Pas tout à fait à l’heure, mais sans même que j’ai à le trimballer dans les transports entre l’aéroport et leur domicile.

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2 Responses to “Un carton livré directement à domicile”


  1. 1 l’agent qui surveille l’entrée du guide-file 4 janvier 2012 à 12:11

    Que vous voyagez en classe affaires ou que vous ayez une carte de fidelité qui vous permette l’accès, ce n’est pas écrit sur votre nez, alors que ca vous plaise ou non on vous demande un justificatif avant que vous nous rouliez sur les pieds avec votre tank-chariot !
    D’ailleurs on laisserait rentrer tout le monde, je suis sure que vous seriez encore le premier a critiquer que cette zone ne sert a rien car aussi remplie que les autres !
    Cela vous demande autant d’efforts que cela de sortir une simple carte ??


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