Notre copilote s’appelle Napoléon

J’ai envie aujourd’hui de vous parler des vols courts. Avec une dédicace à Loulou, qui je l’espère appréciera ce retour d’expérience qui ne se limite pas à l’empire napoléonien, et un avertissement à Richard, qui n’est pas obligé de tout lire car ça ne lui plaira vraisemblablement pas.

Bien sûr il y a ces liaisons d’Air Napoléon entre Paris et Mulhouse, 39 minutes de vol et le double pour atteindre le terminal provincial de CDG 2G, qui doit être plus proche des Vosges que de la sortie du RER. Ou quelques vols pour les länder quasi-frontaliers en Allemagne, Köln/Bonn par exemple, dans un avion où l’on rentre par l’arrière sans savoir où se situent les sièges Bizbiz, près de la porte ou près du pilote, d’autant que le service salé-sucré est indifférencié pour tous les passagers.

Je pense plutôt aux vols bien plus courts, comme la connexion Finnaud, opérée par Flemby, entre Helsinki et Tallinn, où l’hôtesse prend un certain temps, la durée du vol en fait, pour vérifier scrupuleusement que tous les bagages à main sont bien sous les sièges (il n’y a pas de place ailleurs) avant de passer vendre des boissons peu après avoir atterri. Je pense aussi au trajet, aux paysages magnifiques, entre Praslin et Mahé, dans un coucou d’Air Micheylle, où la rangée 1 est déconseillée, car il est probable que le pilote vous tende, quelques secondes avant de décoller, sa sacoche pour la stocker sur vos genoux. Dans ces conditions, le vol peut paraître long.

Il y a les vols Air Céline, entre l’aéroport international de Vancouver et celui tout aussi international quoiqu’un peu plus petit et campagnard, de Victoria en Colombie Britannique, dans lesquels on peut récupérer, dans un appareil de 9 rangées, la place 10C. Je me suis souvent demandé où elle se situait : c’est simplement le siège qui prolonge la banquette au fond de l’appareil, entre les places 9A-9B et 9E-9F, garantissant une vue imprenable sur le couloir central. Mais on peut aussi rejoindre Victoria en hydravion. Je me demande si la place avant, aux côtés du pilote, est souvent vendue dès lors que les autres sièges sont déjà réservés. En tout cas, au dernier décollage, après que chacun ait compris comment sortir de l’appareil s’il  se retrouvait sous l’eau, le message à la tour de contrôle était  « Haddock Airlines 2045 is now ready for departure. Our copilot today is Napoléon ».

Notons pour conclure qu’Haddock Airlines est la seule compagnie que je connaisse qui invite tous ses passagers au salon, quelle que soit leur classe de voyage, quel que soit leur statut de voyageur fréquent, en leur offrant un café et un fruit ou un biscuit. On peut donc faire court et bien !

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4 Responses to “Notre copilote s’appelle Napoléon”


  1. 1 Richard Carvill 17 mai 2012 à 11:22

    Encore une fois a cote de la plaque…mais c’est bien. Ça vous occupe.

  2. 3 Loulou 19 mai 2012 à 15:44

    Merci pour ces petites cartes postales et ces commentaires pour une fois à peu près dénués d’acrimonie… Il faut savoir que les vols courts sont une grande source de stress pour les équipages, en particuliers les vols internationaux type CDG-LHR, CDG-AMS ou CDG-GVA, car les PNC doivent assurer un vrai service en Affaires (je vous entend déjà ricaner mais il n’en reste pas moins qu’ils doivent servir à manger) dans un temps de trajet très court, vu que pendant les phases de décollage et de descente on ne peut pas assurer de service. Si on rajoute quelques turbulences pendant le vol, interrompant le service, ça devient ingérable. Je suppose que vous en avez déjà fait l’expérience. Les plus courts des vols moyen courrier sont donc des exercices de haute voltige à fort stress ajouté pour le personnel navigant.

    • 4 Platinum Flyer 19 mai 2012 à 16:03

      Merci à vous pour la lecture « attentive et posée » du blog.
      La fatigue, la lassitude ou certaines circonstances (il y a des gens incompétents ou mal lunés dans toutes les professions, donc aussi dans les avions) peuvent conduire à râler sur le personnel navigant. Mais l’essentiel des problèmes viennent des procédures, et certaines compagnies sont ultra-procédurières et ultra-parcellisées en silos et sous-silos incapables de se coordonner (vente, SI, sol, PNC, PNT, équipe Europe, équipe France, sous-traitant « fidélisation »…)… Je suis bien conscient qu’un service CDG-AMS (pour reprendre un exemple ci-dessus… dans lequel le service à la BizBiz est surtout le service à ses patrons d’ailleurs) est minuté et stressant pour le personnel navigant. Il l’est aussi pour les passagers (il faut allumer le PC pour finaliser un slide, mais le plateau repas ou la collation – bienvenu parce qu’on n’a pas eu le temps de faire une pause déjeuner à midi – prend toute la place et il est impossible de s’en débarrasser, etc.). Il est donc dommage que l’absence organisée d’intelligence commerciale (la règle, la procédure, plutôt que le bon sens et la facilitation du voyage), en particulier au sol et chez Miles&Blues, ajoute du stress. C’est sans doute ça la plus grande source d’acrimonie…


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