Arrêtez de courrir derrière le Graal !

Un commentaire sur un précédent post mérite que je prenne le clavier pour réagir sous la forme d’un article complet, pas d’une simple réponse en bas de page. Parce qu’il est plein de bon sens, quoiqu’un peu en contresens, et nous rappelle (s’il est encore nécessaire) que le programme de fidélisation Miles & Blues d’Air Napoléon est conçu pour faire dépenser plus par les passagers occasionnels, pas pour récompenser les passagers fréquents comme on tente pourtant de nous le faire croire… Le commentaire tient en une phrase : «  J’ai découvert que les statuts Gold ou Platinum n’étaient pas le Graal et qu’on pouvait très bien vivre sans. »

Qu’on vit sans doute mieux sans être Platinum, je viens encore d’en faire l’expérience avec Air Zarzuela, compagnie espagnole membre du programme Miles & Blues. Il arrive que sur ce blog, je publie des récits un peu caricaturés, forçant le trait, mais cette fois on est au plus proche de la situation réelle, sans aucune exagération ou mauvaise foi (d’autant que j’ai toujours trouvé cette compagnie très sympathique, peut-être grâce à leur pizza servie en vol et malgré qu’ils sous-traitent les prestations au sol à Paris à Air Napoléon plein de lourdeur et d’inconstance).

Vol Air Zarzuela pour Madrid ce 22 janvier. Départ d’Orly en hall 4 : il n’y a pas de salon. On reçoit donc – si on pense à le demander, la compagnie ne le proposant pas spontanément histoire d’économiser sur les passagers distraits ou mal informés – un bon pour une boisson offerte. Je me rends à la sandwicherie la plus proche de la porte d’embarquement, muni de ce bon, et choisis un breuvage. La compagnie mentionne que l’offre s’applique aussi pour une boisson alcoolisée mais on n‘y vend que des softs… OK pour un coca ; et avec celui-ci, je commande un sandwich et un dessert. Le vendeur m’avertit poliment que pris sans boisson payante (c’est-à-dire en utilisant le bon offert par a compagnie), un sandwich et un cake reviennent plus chers que le menu plat-boisson-dessert. Nous convenons donc d’appliquer le tarif de la formule et il me laisse le choix entre jeter le bon ou recevoir un autre coca. Ce qui revient à dire que le Graal Platinum, c’est la possibilité de se retourner vers l’inconnu qui vous suit dans la queue, pour lui refourguer votre deuxième bouteille de coca ! Effectivement, on vit très bien sans.

D’autant qu’il m’avait fallu, à cause de mon statut Platinum, traverser trois fois l’aéroport entre le comptoir d’enregistrement et la sandwicherie : les bornes automatiques à l’entrée du hall d’embarquement restent fermées quand on scanne un billet sur lequel un coupon boisson a été émis. Tant la borne que l’employé tout aussi borné qui la surveille vous répéteront qu’il n’est pas permis d’accéder en salle 40 pour embarquer en porte 40E puisque le voyant qui s’allume est rouge, et il faut donc retourner imprimer un billet correctif si l’on veut passer. C’est sûr, on vit plus facilement sans ces détours.

Enfin, malgré les promesses rouges de Graal SkyMediocrity qu’offre le statut Platinum, et même en imprimant plusieurs fois le billet, il ne faut pas espérer passer par le portique rouge SkyMediocrity, sensé vous propulser plus rapidement à travers les formalités de contrôle. Ce n’est pas qu’on vous fasse de fausses promesses, c’est juste que le système Air Zarzuela n’est pas compatible pour le moment. Et a priori pour longtemps puisque personne ne sait s’il est prévu de changer quelque chose.

Selon ses promoteurs, la carte Platinum  offre aussi un tag fluo prioritaire collé sur votre bagage soute. Qu’on oubliera systématiquement de prévoir – sauf si le passager pense à le demander, la compagnie ne le proposant pas spontanément histoire d’économiser sur les passagers distraits ou mal informés. J’ai fait partie de cette catégorie ce 22 janvier, et malheureusement des derniers servis au tapis bagage à l’arrivée à Barajas.

Et bien sûr, la carte Platinum n’a jamais aidé personne à avoir une meilleure place dans l’avion, un service amélioré ou un peu de reconnaissance du PNC. Le prétendu Graal reste un bout de plastic sans saveur, sauf pour ceux qui ne l’ont pas. C’est d’ailleurs le principe à contresens du Graal, objet d’une quête longue et souvent vaine, pour obtenir un trésor qui n’en est pas vraiment. Est-ce «  J’ai découvert que les statuts Gold ou Platinum n’étaient pas le Graal et qu’on pouvait très bien vivre sans » ou plutôt «  J’ai découvert que les statuts Gold ou Platinum n’étaient qu’une quête du Graal et qu’on ne vivait vraiment pas mieux une fois qu’on l’avait atteint » ?

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1 Response to “Arrêtez de courrir derrière le Graal !”


  1. 1 JF 28 janvier 2013 à 14:30

    La carte platinum, c’est comme les salons / lounges: ceux qui n’y ont pas acces veulent y entrer, et ceux sont dedans préfèrent en sortir ! Il faut pour être honnête reconnaître un avantage à la carte Maximum de Miles and blues: c’est une de celles qui permet d accumuler les miles le plus vite pour obtenir des billets gratuits. Mais l’introduction de la classe pigeon economy à tue l’intérêt des upgrades grâce aux miles…

    Je confirme la presence aléatoire du tag jaune fluo, presence qu’il faut relativiser cependant: ce tag n’est que purement décoratif à partir du moment ou l’on emprunte une correspondance. Tout comme le graphisme de Sky Mediocrity, qui a part nous faire voir rouge, ne présente que peu d’intérêt.

    Attendons de voir le nouvel avatar de Transform 2015: Hop! Le grand bon en avant, comme ils avaient l’habitude de dire en Chine…


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