Franz (Kafka) is in the air!

J’ai fait un vol Bruxelles Zurich avec la compagnie helvétique P’tit Suisse il y a dix jours puis un Paris Zurich avec Air Napoléon samedi dernier : voilà une belle occasion de comparer ces deux compagnies.
Soyons honnêtes, ma comparaison comporte un biais. Je n’aime plus trop la compagnie Air Napoléon, tournée vers son passé prétentieux, perdue dans les mensonges de ses pubs hautaines et dans la complexité de ses procédures sans culture client. Je préfère a priori le P’tit Suisse, sans doute parce que comme d’autres mais au contraire d’Air Napoléon, il est passé par une faillite, prenant conscience que le client compte et que c’est lui qui finance les salaires, avant même de parler des acquis sociaux. Et bien sûr j’ai retrouvé à bord cette vision opposée des rôles respectifs de la compagnie (omnisciente chez les énarques d’Air Napoléon, plus humble chez P’tit Suisse) et du passager (tricheur et sans droit d’initiative selon les procédures napoléoniennes, source potentielle de revenus en Suisse), même sur des vols d’une heure à une heure et demie seulement.
Pourtant Air Napoléon partait avec de bons arguments : appareil Airbus moins rikiki que le modèle playmobil du P’tit Suisse, place choisie sur la rangée des sorties de secours plus généreuse pour le confort des jambes, PNC un peu vieillissant c’est-à-dire en général plus professionnel et attentif au passager, et bonne humeur de ma part, ayant tout juste reçu un mail de Miles&Blues annonçant la régularisation de mon vol Malaga Paris du 6 novembre, que je demandais sans succès depuis des mois ! J’ai transmis pour obtenir celle-ci quantités de documents corrects et d’explications prouvant que j’avais acheté le billet et voyagé mais on me refusait toute prise en compte. Il a suffi de signaler un fake grossier publié sur ce site, sans même demander de régularisation, pour qu’on m’accorde 2×231 milles… L’administration des miles et du blues est encore plus bornée que je l’imaginais. Elle avait besoin d’un coupon de vol, elle s’est donc contentée du premier truc qui pourrait ressembler à un coupon de vol. Finalement ils ne sont pas si durs que ça, mais assurément, Franz(e) Kafka is in the air!
Revenons au vol Paris Zurich. Les problèmes ont comme d’habitude démarrés chez Aéroblème De Paris. On dira bien sûr qu’ADP et AirNap c’est différent : ça n’est qu’un argument idiot pour reporter chaque fois la cause des problèmes sur l’autre et s’assurer ainsi que rien ne change. Au contrôle de sécurité, là où les agents à Brussel n’avaient rien dit de mon gel à raser promo +25% gratuit manifestement au-dessus des limites européennes pour les bagages cabines, ceux de Paris ont fait du zèle pour 15ml de trop dans une khrème pour la peau, grand pot même pas vraiment liquide, d’une enseigne de pharmacie-chimie-élevage de squelette, vendue au prix abusif de 50 euros à Paris, mais aussi à celui plus élevé encore de 75 francs en Suisse. J’apporte donc un pot de cette crème à peu près une fois par an à un amie helvétique.
N’ayant rien d’autre à mettre en soute que la mixture prétendument miraculeuse, on m’en a d’abord refusé l’enregistrement en soute : volume trop petit. Puis proposé d’aller au comptoir des ventes de billets acheter un carton, adapté à son transport.
C’est là qu’on voit la force de Kafka : Air Napoléon n’a pas prévu grand-chose pour aider ses passagers quand leur vol est manifestement retardé, qu’il n’y a pas d’agent en porte d’embarquement et que l’écran affiche toujours un départ à l’heure, mais propose des cartons, au logo de la compagnie, rembourrés à l’intérieur et vendus 10 euros par une hôtesse sympathique et dévouée, afin d’emballer et mettre en soute les objets refusés par des règles de sécurité arbitraires. Quelle bonne idée salvatrice, voilà le pot de crème on the way to the air. Car in the air, on a l’expertise des règles absurdes scrupuleusement respectées, et on est donc excellent pour gérer dans le monde de la procédure pesante les situations qui n’auraient pas lieu d’exister dans un système un tant soit peu intelligent et respectueux du passager.
Herr Franz (Kafka) is in the air

Herr Franz (Kafka) is in the air

Ce premier épisode est plutôt distrayant et jusque-là on ne peut dire qu’Air Napoléon soit meilleur ou moins bon que son copain suisse. C’est dans l’avion qu’on mesure la différence d’approche.

Choix de sandwiches frais chez P’tit Suisse, deuxième passage pour les plus gourmands, boisson fraiche et café/thé préparé par l’équipage, gourmandise en chocolat en fin de vol. Croissant doublement unique (pas d’autre choix et interdiction d’en prendre deux) en farine anti-miettes et sans goût chez Air Napoléon à piocher dans un immonde bac plastic éventuellement proposé avec du café ou du thé soluble mal dissous, et passage du sac poubelle en fin de vol.
Mauvaise répartition de l’attribution des sièges dans les deux cas, que le P’tit Suisse corrige en ne fermant pas le rideau de séparation des cabines, tandis que l’hôtesse Air France s’en fout et tire sans préavis le rideau dans le visage des passagers de la première rangée éco, le positionnant de leur côté pour maximiser l’inconfort alors qu’il n’y a personne en dernière rangée business.
Salutation par leur nom des passagers fidélisés du P’tit Suisse, sans équivalent chez Air Napoléon qui pourtant se vante depuis plus d’un an dans le magazine distribué a bord d’étudier une tablette tactile pour que l’équipage puisse personnaliser la relation. Elle n’a manifestement été livrée qu’aux concurrents (Betty la britannique par exemple) qui en parlent pourtant moins.
Enfin, en début de descente, on écoute des informations utiles sur les correspondances à Zurich chez P’tit Suisse, contre un nouveau texte markété et auto-congratulatoire louant les avantages Skymediocrity (pourtant peu présents à Zurich) et les capacités de l’application smartphone de la compagnie chez Air Napoléon.
Et surtout là où chez le P’tit Suisse tout le monde semble enthousiaste de voler ensemble, dans une relation adulte-adulte respectueuse entre l’équipage et les passagers, on constate chez Air Napoléon un climat basé sur le mécontentement, du personnel d’abord, parce qu’il est pénible d’être en charge de la surveillance sécurité-safety des passagers quand on part de l’hypothèse qu’ils sont indisciplinés, et par conséquent trop nombreux sur ce vol ; et des passagers ensuite, parce qu’il est pesant d’être traité en gamins irresponsables et qu’à force d’être trop nombreux on a surtout l’impression d’être de trop.
Enfin, le P’tit Suisse a eu le bon goût de transporter mon bagage soute à destination. Tandis qu’avant même mon arrivée j’ai reçu – nouvelle preuve de la gestion admirable par Air Napoléon des situations absurdes – un SMS et un e-mail, les deux en plusieurs langues, pour m’indiquer que mon carton et le pot de crème sous-jacent n’avaient pu être mis en soute et étaient donc restés à Paris.
J’ai donc pu acheter la crème beauté au prix suisse, afin de ne pas décevoir mon amie. Qui a dû aussi recevoir le lendemain, avec un grand tag « bagage retardé » livré par la compagnie, le pot acheté à Paris.
Bref, comme je l’avais imaginé à priori, j’ai préféré le P’tit Suisse. Et au cas où j’hésiterais sur la compagnie à prendre en mai, les pilotes français ont organisé un planning de grève et Air Napoléon  annoncé une probabilité d’annulations pour me conforter dans mon choix.
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1 Response to “Franz (Kafka) is in the air!”


  1. 1 Bob 2 mai 2014 à 07:42

    Je me suis plaint pour la n-ieme fois du non respect de la livraison de bagages en priorite sur le segment CDG-TLS pour les passagers fidelises (platinum): d’habitude, j’avais droit aux plates excuses d’ Air Chance, voire a des miles. La derniere fois, j’ai refuse les miles et demande un plan d’action puisque cela fait 6 ans que les bagages ne sont pas livres en priorite. Pas de reponse, comme vous pouvez l’imaginer.
    Cette fois ci, j’ai recu une reponse originale !  » However, we regret to inform that the priority baggage handling is not offered on domestic flights, hence you have not received this Elite Plus benefit on this domestic route (Paris – Toulouse / Toulouse – Paris)  »
    J’ai eu beau chercher dans les (multiples) regles de Flying Bad, je n’ai pas vu de regle disant que le service n’etait pas applique dans les vols domestiques.
    Malheureusement, cela ne fait que confirmer le sentiment qui ressort a la lecture de vos posts. Je suis tres pessimiste quant au devenir d’ Air Chance: l’amelioration du service promise haut et fort par le PDG continue a se heurter au manque de consideration pour le client qui fait maintenant partie de la culture de cette compagnie.
    Pour ma part, je leur avais dit l’an dernier que je les boycottais pour 6 mois, ce que je me suis applique a faire, eh bien j’ai decide de relancer ce boycot pour 6 mois de plus. Et tant pis pour le statut Platinum, qui au final ne delivre pas beaucoup des avantages qu’il promet.


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