Archive pour septembre 2014

Petites Illusions au Grand Balai

Une allergie à la salade contraignant une grande majorité de son personnel navigant et donc de ses avions à rester plantés au sol, Air Napoléon fait patienter ses passagers dans une exposition au centre de Paris. Les Invalides n’étant pas disponibles, rendez-vous est donné pour quelques heures encore au Grand Balai.

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Si la salade ne pousse pas, on prendra des oranges

J’ai commencé cet article dans l’avion Bucarest-Paris, cabine éco d’un A321, décollant dimanche dernier en fin de journée. Le dernier départ avant la grève des pilotes d’Air Napoléon.

J’avais auparavant suivi l’embarquement du vol Will! pour Luton, à la porte 12 voisine de celle où le vol Air Napoléon pour Paris devait initialement embarquer. Ayant quelques intérêts à Londres j’avais, au moment d’organiser mon voyage, imaginé prendre ce vol et déroulé jusqu’à la fin le processus de réservation, pour un billet disponible au quart du prix de celui pour Paris, sauf à compter quelques livres en extra pour être à l’avant de la cabine ou en sortie de secours, d’autres pour obtenir un repas en vol et encore d’autres pour réserver un taxi ou une navette à l’un ou l’autre des aéroports.

Mais des obligations à Paris lundi matin m’ont conduit finalement à me rabattre sur Air Napoléon. Le prix de base est plus élevé mais le service est réputé inclus. En fait s’il n’y a aucune option à payer, c’est surtout parce qu’il n’y a aucun service à choisir au sol ou à bord, et encore moins de taxi réservé à destination. Air Napoléon a gardé cette habitude archaïque d’offrir un repas imposé, qui fatalement ne plaît pas à tout le monde et en particulier à moi. La présentation de la barquette en plastique est certes moderne et travaillée, mais elle ne contient finalement que deux crevettes décongelées, trois haricots dans leur jus, un quart de tomate dans le jus des haricots, un bout de pain sec, un fromage fondu bas de gamme roumain, un demi-centimètre-carré de chocolat et des couverts jetables qui cassent avant qu’on ait fini de manger. Quoiqu’on n’ait en fait pas très envie de manger, le tout étant servi froid et à la va-vite.

Pourtant, sur Air Napoléon Bucarest-Paris dimanche soir, il y avait une chef de cabine exceptionnellement professionnelle et dévouée : celle qui se présente face aux passagers pour réciter les annonces d’accueil et de sécurité, celle qui veille à fermer les coffres à bagages sans les claquer bruyamment, celle qui se doit d’être visible en permanence en cabine pour s’assurer que tout va bien. Mais malgré toute cette bonne volonté, elle n’a pas eu d’autre plat à proposer que les crevettes gratuites, pas d‘autorisation à servir une deuxième boisson, pas de vrai dessert au menu, et aucune idée des possibilités de transport entre Bucarest et Henri-Coandă.

Pendant des années, on a décrié le modèle low cost minimalistique de Bryan Air, sans place, sans bagage, et sans repas, donc sans âme, pour être cent fois moins cher. Mais d’autres nouvelles compagnies ont fait évoluer ce modèle, utilisant avec intelligence le principe du prix décomposé et de l’option payante pour vendre moins cher leur billet à la base, et y ajouter une multitude de services complémentaires, qui vont bien au-delà des places pseudo-préférentielles, accès prioritaires et barquette de jus d’haricot des compagnies historiques, sans atteindre les tarifs excessifs de trois rangées vides à l’avant appelées Business.

Il paraît que chez Air Napoléon certains ont fait un constat similaire, et avancé l’idée d’abandonner des lignes telles Paris-Bucarest pour y installer une compagnie plus nouvelle, plus flexible et plus « low cost » appelée Frantzavia en français et Batavia en néerlandais. D’accord, cette dernière reste frileuse sur les services additionnels, ceux qui permettent de ne pas limiter le temps en avion à une translation de A à B sans plaisir ni distraction (les compagnies les plus inventives permettent désormais de commander une bouteille de champagne et un gâteau d’anniversaire nominatif pour son voisin), mais elle a au moins quitté le modèle du service « gratuit » mais réduit et imposé. Et dimanche soir, franchement, je l’aurais préféré.

Mais il semble cette semaine qu’il y ait quelques résistances à faire pousser la salade, les pilotes restant plantés au sol et tournés vers le passé, pour refuser son essor.

Si la salade ne pousse pas, on prendra des oranges. Mais s’il-vous-plaît évitez de faire trop durer la fin des haricots.

salade batavia

salade batavia