Dix ans de succès

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Hier, j’ai fait un vol Paris Londres (liaison que je fais beaucoup cette année) et pour des raisons d’horaire, j’ai choisi de voyager avec Air Napoléon.
Je n’écris plus grand chose ici car mes destinations et contraintes horaires me permettent de privilégier de meilleures compagnies, qui n’ont pas tant de défauts à caricaturer. Néanmoins, ce dernier vol s’ajoutant à un aller retour Flop! pour Toulon dans la même semaine, avec le même mélange salé sans choix et sans saveur (celui de l’illustration, qui ressemble à des croquettes pour chiens) sur les trois vols, j’ai eu envie de reprendre la plume.

Ce ne sont pas les dix minutes de retard qui me motivent, ni le manque de culture commerciale du steward d’abord (« mon boulot c’est de distribuer des boissons, pas de savoir si elles plaisent aux passagers ») et de la chef de cabine ensuite (qui veut, avant même de l’écouter, démontrer au passager mécontent qu’il se trompe évidemment car sa compagnie – sans qu’elle n’ait d’expérience personnelle ailleurs – est parfaite et qu’il n’est pas tolérable qu’on pense autrement). Le retard est excusable et la prétention est usuelle.

Non, ce qui me motive à écrire c’est le culot du marketing.

En effet, vu qu’il n’y a pas d’autre distraction à bord (en particulier pas d’écran) j’ai lu le dernier numéro de Air Napoléon Magazine (novembre 2014).

L’article principal parle de la fusion avec les bataves d’HIJ, qui s’est faite il y a dix ans.

C’est écrit avec beaucoup d’humour, même si c’est plutôt de l’humour noir et involontaire, quand on considère les résultats financiers, récemment publiés, des trois derniers trimestres du groupe, particulierement dans le rouge du fait de la grève des pilotes, et négatifs même en effaçant son impact.

Le titre :  » Une décennie de succès  » : n’est vrai que si on considère qu’être systématiquement en pertes est un objectif de succès. 

 » Miles & Blues (…) fait voir la vie en bleu à ses adhérents  » : ça n’est donc pas un programme de fidélisation mais une bête fomule marketing qui ne veut rien dire. Tout s’explique. 

 » Un seul objectif : le meilleur niveau mondial  » : c’est dit ! Il serait donc temps de se bouger un peu plus car Air Napoléon est en déclin, et désormais une compagnie très moyenne, loin de l’excellence.

 » En 2019, HIJ fêtera ses 100 ans. Seule compagnie au monde à atteindre cet âge sans avoir changé de nom, elle sait qu’elle sera encore plus forte er agile que jamais  » : on savait que le marketing aimait écrire l’histoire très à l’avance, notamment à propos des nouveaux sièges avant même qu’on les installe ; il est donc très sûr de lui quant à ce qui se passera dans cinq ans, même si le directeur de HIJ a été débarqué il y a quelques jours et que la compagnie s’interroge désormais sur son avenir et ses liens avec Air Napoléon.

Je pense que l’enthousiasme excessif du marketing napoléonien est contre-productif. Parler de la dernière décennie comme d’une période de succès est maladroit. Cela ne fait qu’enfoncer Air Napoléon dans son image de compagnie française prétentieuse et inconciente du vécu de ses clients, qui se la raconte dans un magazine documenteur plus que documentaire, sans néanmoins convaincre grand monde en dehors d’une clientèle vieillissante qui a peur du low cost, de parler anglais, d’acheter sur internet et d’essayer autre chose ; et des pauvres asiatiques crédules piégés par leur a priori positif sur la France.

De la même façon, on lisait dans le magazine avant l’été que les salons de CDG 2E seraient rénovés avec « une offre haut de gamme de type S4 » (c’est-à-dire un bar à pates et de la soupe chaude, alors qu’aujourd’hui tout est froid). On a vanté l’originalité (mais pas l’inconfort évident) des espaces « effet merde » pendant les travaux du 2E K en juillet août. On s’attendait à trouver la nouvelle offre en septembre, mais les équipes à l’accueil du salon ont alors parlé du 1er octobre puis du 1er novembre. Désormais elles n’osent plus annoncer de date, et confirment à demis mots que le salon rénové au 2E K présente avant tout les produits snacks distribués en éco en vol, ce qui est la marque de salon de compagnie bas de gamme. Elles admettent peut-être aussi que les produits sont inchangés depuis des années, ce qui est la marque d’une absence d’innovation. Et quand on compare le salon à ceux de compétiteurs à Paris, elles comprennent que les progrès actuels, lents et douloureux, sont insuffisants pour se prétendre dans le peloton de tête. Tandis que le magazine documenteur distribué dans le salon et à bord se réjouit déjà des nouvelles cabines A319-A320 ou A380 (2017 ?) alors qu’aucune de ses précédentes annonces n’est encore complètement réalisée.

Mais Air Napoleon préfère communiquer bien en avance et plus que positivement, pour dire aux personnels, aux journalistes et aux passagers ce qu’il est bien de penser.

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