Archive for the 'Réflexion' Category



Gri-bouillie

Sur ses vols longs courriers en classe Affaires, Air Napoléon prétend vous faire vivre le grand art culinaire, préparé par un chef étoilé ou lauréat du concours bocul, payé sans doute très cher pour redorer l’image de la compagnie. Et malheureusement, le résultat ne convainc pas toujours.

Prenons un exemple vécu. Le menu annonce avec prétention « Pur produit de saison, la châtaigne nous rappelle l’automne et l’hiver ! La vivacité de la groseille, quant à elle, est présente pour dégourdir le très sage filet de canette enrobé de ses trois poivres ». Le résultat n’est ni bon ni beau, c’est une gri-bouillie servie à la va-vite avec un plateau qui comprend l’entrée et le dessert. L’entrée mélange traditionnellement le foie gras et le saumon, car la compagnie refuse de donner le choix à la commande.

Gastronomie à la française par Air Napoléon : prétentieux, cher payé, mais raté

Gastronomie à la française par Air Napoléon : prétentieux,  étoilé, gribouillé

Les autres compagnies font-elles mieux ?

Pour mener l’analyse, ne regardons pas une compagnie du Golfe (elles font mieux, mais tout le monde sait que c’est parce qu’elle ne paient ni le pétrole, ni leurs employés, ni d’ailleurs la nourriture) ; ne considérons même pas une compagnie asiatique (elles font mieux, et c’est d’ailleurs la cible de progrès que s’est donné Air Napoléon).

Prenons Dalton, une bonne vieille compagnie des US, parce qu’on sait que les américains ne sont en général pas doués en cuisine et que leur compagnies ont mauvaise réputation. Le résultat est intéressant.

xxx

Steack & Vegetables chez Dalton : on, apprécie la présentation et le goût

D’abord, sur un vol de durée équivalente, Dalton choisit un service complet : entrée, salade, plat et dessert. Ensuite, on voit que la présentation est soignée, même pour le plat qui représente sans doute le plus d’enjeux. Pourtant, il n’est pas préparé par un grand chef ; il est désigné simplement comme « Steack & Vegetables » et on notera que le passager peut choisir les vegetables. Tout comme d’ailleurs l’entrée et le desserts ici représentés sont issus de listes de deux ou trois propositions (on évitera tout commentaire désolbligeant sur le choix trop calorique pour le dessert, l’assiette de fruit eut certainement été préférable…)

Les habituels défenseurs d’une compagnie historique française, pleins de certitudes et de supériorité, diront bien sûr que ce test a sélectionné insidieusement un plat raté chez Air Napoléon et une présentation avantageuse de Dalton. Ce serait pourtant nier certains fondamentaux. Dalton apporte les repas sur un plateau individuellement pour chaque passager, tandis qu’Air Napoléon conserve la cantinière (le trolley) des années 90 et des compagnies bas de gamme. Dalton sert un plat disposé dans l’avion (d’autant que l’accompagnement varie selon les goûts et souhaits du passager), tandis qu’Air Napoléon, avec son assiette creuse préparée, réchauffe le tout comme une soupe, ce qui bien sûr nuit à la présentation.  Dalton en 2013 a élargi les choix et le nombre de plats, Air Napoléon a réduit la voilure…

Publicité

Le père Noël en Naponie

Je sais pas comment j’ai fait mon compte, mais je vais me retrouver dans un avion d’Air Napoléon pour Rio le soir de Noël.

Et en cette période circule sur fakecook une sympathique vidéo où Père Noël prend l’avion:

Je ne souhaite pas qu’Air Napoléon se transforme en Père Noël en Naponie, traitant une fois de plus ses passagers comme de petits enfants à qui on fait croire des histoires et qu’il faut surveiller parce qu’ils ne sont pas sages.

Au contraire, il serait bien qu’Air Napoléon considère ses passagers comme des Pères Noël. Qu’elle s’émerveille de les voir venir. Qu’elle ait envie d’apprendre d’eux, de connaître leurs histoires. Que leur présence soit un cadeau, que la compagnie méritera d’autant plus qu’elle leur aura fait une belle lettre, réfléchie et sincère, pour s’engager à être meilleure l’an prochain.

Bon anniversaire Monsieur Coué

Hier 7 octobre, c’était mon anniversaire.

Pour fêter l’événement, je me suis offert une prophétie autoréalisatrice : tout va mal, mais je voudrais croire qu’en 2015 je serai le meilleur.

C’est en tout cas ce que j’ai annoncé hier à tout mon entourage. Dès le petit matin, j’en ai parlé. Par exemple à JP, qui traînait rue François Ier. Et ce qu’il y a de bien avec JP, c’est qu’il devrait répéter mes propos sur toutes les ondes. Il est connu pour ça en Europe, le JP.
Il a été sympa en plus : il a fait semblant de croire à mes histoires. Et ça, c’est déjà le début du succès.

J’ai commencé par un constat : j’aurais pu mourir. Ou me ratatiner, à force de vieillir. Mais je me soigne, avec le Docteur Coué, et j’ai donc dit à JP que je suis désormais en voie d’être sauvé.

Mais pour cela, soyons lucide, je fois faire quelques efforts. Faire preuve d’engagement, de dévouement et d’ingéniosité. Ou en tout cas l’annoncer : c’est ce que m’a prescrit le docteur Coué.

Lire la suite ‘Bon anniversaire Monsieur Coué’

LaPlusChère – où va votre Préférence ?

LaPlusChère - où va votre Préférence ?

Waterloo

Monsieur le Directeur Régional,

Passager fréquent de votre compagnie, je voudrais avant tout vous féliciter pour l’excellence de votre offre, notamment en Belgique, pour votre souci particulier du client et de son confort, ainsi que pour les progrès continus qui font qu’Air Napoléon est aujourd’hui, et je l’espère pour longtemps, à la pointe du transport aérien. Soucieux néanmoins que vous conserviez toujours cette place de leader incontestable, je voudrais tirer de mon expérience ces dernières années sur vos lignes, quelques idées de services complémentaires ou d’aménagements que vous pourriez étudier. Je me réjouirais que ces propositions puissent vous être utiles, et ainsi profiter tant au confort et à la satisfaction de tous, qu’aux succès futurs de votre grande compagnie.

Lire la suite ‘Waterloo’

Le trou de l’alliance

C’est sans doute le propre d’une alliance : un anneau qui symbolise l’union, et un grand trou au milieu. On aimerait tant croire les bobards du marketing qui vantent l’alliance Skybean et ses avantages mutualisés entre les compagnies membres, mais force est de constater que le passager tombe régulièrement dans des trous sans fond, où personne n’est responsable et aucun avantage promis ne s’applique.

AIr Nap en voyage

Lire la suite ‘Le trou de l’alliance’

Best & Burger chez McNap

Mercredi 25 juin, la compagnie Air Napoléon a annoncé, lors d’une conférence de presse pour ne rien dire, comme elle en organise fréquemment, une montée en gamme prochaine de son offre long courrier. Au programme : une version ressassée du futur nouveau siège, c’est l’axe Best, et une volonté affichée d’un meilleur service à bord, c’est l’axe Burger.

Best & Burger

Best Burger – Le cheese de l’hôtesse en éco, le pain chaud en Bizbiz et la salade en option LaPlusChère

On aurait bien sûr préféré, plutôt qu’un énième teasing sans rien montrer de concret, des nouvelles enthousiasmantes sur une arrivée dès cet été du siège Cirrhose, qui doit révolutionner le confort bizbiz et que les concurrents ont déjà installé. Mais l’offre ne sera disponible qu’au printemps 2014, du moins dans le premier appareil équipé, et à coup sûr en photo dans le magazine de pub de la compagnie. Pour en disposer de façon généralisée, il faudra concrètement attendre 2015, quoique ce soit un peu mieux que les promesses initiales de Test en 2016. D’autant qu’on gagnerait au passage –  en mode « tu l’auras » car la véritable info ne sera buzzée qu’en septembre voire avril prochain – des nouveaux sièges aussi dans les autres cabines.

Parce qu’ainsi présenté, Best paraît plutôt maigre, Air Napoléon y a ajouté l’axe Burger. Une montée en gamme dans la relation client, pour un Best & Burger qui prétend positionner miraculeusement – c’est l’effet fast good – la compagnie au top des classements mondiaux. Il y a dans le Burger des ingrédients prometteurs, comme « s’inspirer de l’hôtellerie «  (reste à savoir le nombre d’étoiles, parce qu’il n’est pas certain qu’un comportement d’hôtel de passe améliore le confort d’un vol familial) ou simplement « oser » (si cela permet de redonner un peu d’initiative, contre l’application actuelle des procédures mécaniques et sans intelligence). On apprécie aussi la volonté tardive de « personnalisation », avec néanmoins pour seule proposition concrète à cette heure, et limitée à l’exclusivité de la cabine LaPlusChère, cette idée géniale d’offrir au menu une salade de saison composée au choix du passager. Ainsi  Air Napoléon s’intéresse enfin, certes encore très partiellement, à l’envie de son client plutôt que de décider pour lui la recette qui lui convient. Mais c’est aussi une très bonne illustration de l’immense retard de la compagnie sur ses concurrentes, qui personnalisent depuis longtemps, avec le choix de la cuisson de la viande et une offre variée d’accompagnements, tant d’autres choses que la sauce servie avec la salade !

Il y a aussi dans le Burger des traces de mauvaises graisses. La promesse répétée « d’élégance à la française »  évoque trop souvent l’image prétentieuse d’Air Napoléon, avec un prétendu luxe basé sur la complexité plutôt que sur le confort, et un certain esprit supérieur du personnel, ou plutôt un esprit supérieur de certains parmi le personnel, si bien qu’on s’abaisse rarement à servir le pax, sauf bien sûr quelques privilégiés. On peut aussi s’inquiéter de l’appel à sourire adressé aux hôtesses et stewards : pour le passager mécontent d’un circuit procédurier et méprisant au sol, le sourire forcé à bord est sans doute plus ironique qu’apaisant. Et il est caractéristique qu’on vise chez Air Napoléon à obtenir le sourire des équipes, alors qu’ailleurs on cherche naturellement celui des clients.

Néanmoins, si ce n’est pas un artifice marketing comme on en a tant vu chez Air Napoléon, Best & Burger va certainement dans le bon sens. Une salade au choix, du pain chaud, un peu plus de sauce et de cheese ou un label Viande Bovine Française n’en feront pas un menu cinq étoiles, mais de temps en temps un McNap ça peut être sympa.

Devanture honorable et offre approximative

Dernièrement, la compagnie du golfe Etikhet Airways m’a indiqué par mail que certains de ses vols depuis Paris seraient, pour quelques mois, opérés sur des avions loués à Air Napoléon. On y prétend une offre et un service du niveau usuel de la compagnie du Golfe. C’est-à-dire, il faut bien le reconnaître, un enregistrement au terminal 2A à moitié en désuétude, à moitié en travaux, puisque les terminaux les plus neufs sont réservés à la compagnie historique. Et un enregistrement en ligne à l’image de l’informatique des années 80, car le site d’Etikhet reste sans soute celui où il faut le plus souvent recopier son numéro d’accès pour s’enregistrer complètement. Mais aussi un service limousine pour vous conduire à l’aéroport, un salon nettement plus luxueux, un suivi plus dévoué pendant le vol,  un menu plus varié et une plus grande souplesse pour le passager dès lors que les repas sont servis individuellement, et pas à la cantinière. Tout le reste sera français, en particulier le siège full sleep dans l’avion, au format toboggan, qu’Etikhet présente avec beaucoup d’ironie : « des positions de détente sont possibles ». C’est bien dit, pour voyager sur un accessoire de plaine de jeu.

J’ai repBouteille Ramune ensé à ce mail dernièrement, alors que je dînais à Paris dans un restaurant japonais tenu, selon l’affichage, par une grande famille de Kyoto. Si l’on écoute les échanges en cuisine, le personnel s’exprime en chinois. On y sert de la bière nippone : Kirin Ichiban ou Asahi. La première étant made in Germany et l’autre embouteillée en Tchéquie. Et en dessert, je vous conseille une spécialité proposée par quelques graffitis à la kanji inscrits sur l’ardoise. Parce qu’à la première bouchée elle devrait vous évoquer la Thaïlande. Comme dans les promesses d’Etikhet rabaissées au full sleep d’Air Napoléon, la devanture est honorable, mais l’offre approximative.

Tout cela ne vaut pas une bonne ramune !

Questionnaire de satisfaction

Hier soir, dans un hôtel parisien du groupe Starpouf près d’Opéra, la serveuse au bar en offrant quelques chips violettes et biscuits oero, pour changer des popcorns poivrés et légumes crus qui commencent à lasser, a qualifié l’accompagnement de « mélange sucré et salé ». En choisissant ainsi mal ses mots, elle a rabaissé la prestation aux sachets industriels des collations gratuites distribuées par les compagnies aériennes. Pourtant, Starpouf et sans doute plus généralement l’hôtellerie ne dégagent pas la même ambiance.

Lire la suite ‘Questionnaire de satisfaction’

Vlan! Faire un flop d’une région à l’autre

Il faut avouer que ça bosse, chez Air Napoléon. On avait à peine fini d’assimiler les règles du nouveau tarif NiNi sans miles et sans bagages. Et voilà qu’on nous présente une nouvelle grille de prix, une nouvelle livrée d’avions, et carrément une nouvelle compagnie aérienne : Vlan! Avec une signature qui rebondit en se faisant mal : « Faire un flop d’une région à l’autre ».

Changer d’identité, c’est plutôt une bonne idée, en fait. Parce qu’on l’a beaucoup écrit ici, l’image d’Air Napoléon, c’est quand même des prix trop chers pour un service de merde poularde, une ambiance de même, du sucré-salé inchangé depuis Austerlitz et une grève chaque fois qu’on achète un billet. Ce qui fait qu’on a tous essayé l’orange d’eddyJet, parce que c’est moins cher, parce que le personnel est plus souriant et parce qu’on peut s’acheter une pizza pendant le vol. Mais pour aller de Toulouse à Lille, ça reste pas très sexy, ça fait pas  « bizznessman qui parcourt le mondentier avec du champ’ ». Peut-être parce que Toulouse-Lille, ou même Lille-Toulouse, c’est pas trop connu pour le champagne. Et puis parce que ça reste un saut de puce, d’une région à l’autre.

Tandis qu’avec Vlan, on n’hésitera plus à plonger, d’une région à l’autre. Avec une belle exclamation flashy, avec des affiches d’avion playmobil qu’on traverse en sautillant d’une porte à l’autre, le voyage redevient cool! Merci Air Napoléon, on va enfin avoir du changement, des équipages enthousiastes et des prestations renouvelées. Et surtout, sur papier glacé, la compagnie veut afficher un esprit de simplicité et d’efficacité.

Comme celui que j’ai pu constater sur une sous-compagnie de l’espagnole Hysteria entre Madrid et Valence : un vol à l’heure, 50 m de marche et pas de bus pour embarquer, pas de collation pour 30 minutes dans les airs mais quelques sourires d’un personnel détendu, 30 m de marche et pas de bus à l’arrivée. Sans chichis, mais avec de la musique (discrète) du début à la fin pour garder le côté cool et la bonne humeur.

Mais au premier usage de Vlan!, avec les vingt-trois conditions pour combiner les tarifs classipuce et mutipuce, avec  les douze autres pour savoir si les 250 kafkaiens  qu’on gagne chez le déprimant miles&blues, si on achète l’option, sont qualifiants ou non, avec la promesse d’une collation gratuite qui sent le sucré-salé d’Austerlitz, ou avec le nouveau site web qui refuse obstinément, points d’exclamation d’erreur à l’appui, de me vendre un aller simple moins cher que l’aller-retour, je n’ai pas vraiment trouvé de simplicité et d’efficacité. Juste de la peinture rouge pas encore sèche. Sur laquelle on posera sans doute rapidement une couche Pouf!, dès qu’on aura compris que Vlan! n’est qu’un lifting extérieur, sans remise en question de la culture de service et de l’efficacité des prestations.

Mais d’ici là, je me demande pourquoi, pour les vols longs-courriers pour le mondentier, on ne peut pas prendre Vlan!, et qu’il faut encore se taper Napoléon le ringard, avec toujours les prix trop chers pour un service de merde poularde, une ambiance de même, du sucré-salé inchangé depuis Austerlitz et une grève chaque fois qu’on achète un billet…


Catégories


%d blogueurs aiment cette page :